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Titre originalThe Invisible Man
RéalisateurLeigh Whannell
Casting principalElisabeth Moss, Oliver Jackson-Cohen, Harriet Dyer, Aldis Hodge, Storm Reid
Durée2H05
Date de sortie en France26 février 2020
Qui peut le pire peut le meilleur… Voilà exactement ce à quoi l'on pense quand on va voir un film signé Blumhouse ! Il faut dire que le célèbre producteur, connu pour ses films horrifiques à faible budget, a laissé un bon paquet de navets derrière lui en quelques années, de quoi mettre le doute sur ses capacités de producteur dans la tête des fans du genre.
Et c'est là qu'en fait on se rend compte que, tout producteur avec son nom en gros sur l'affiche qu'il est, la réussite d'un film dépend en grande partie du réalisateur et du scénario.

Cela tombe bien, Invisible Man regroupe à la fois un très bon scénariste et un réalisateur talentueux : Leigh Whannell.

Invisible Man est, en pratiquement tout point, une très grande réussite. Je dis pratiquement, car il y a forcément quelques facilités scénaristiques, mais cela est essentiellement dû au genre.
Une des premières choses intéressantes du scénario est la manière intelligente dont est réinventé le concept de « l'homme invisible ». Sans vous dévoiler la manière dont ce dernier devient invisible, il est important de noter que le film est ancré dans notre époque et que Leigh Whannell est parvenu à offrir une véritable explication moderne au personnage.

Autre bon point du scénario, le film ne cherche pas à enchaîner les scènes d'horreur et les jump scares toutes les 20 secondes, mais s'attarde à construire des personnages forts et attachants tout en touchant des sujets sensibles tels que la violence conjugale et la folie. Le tout est proposé avec subtilité et sans forcing, ce qui rend le message encore plus efficace que si on nous avait imposé une morale en mode « gros sabots ». Après tout, on est venu voir un film d'horreur — ou un thriller — et pas un film sur les conditions de la femme dans une relation de domination physique et mentale…
Du côté du casting, là aussi c'est du très bon. À l'image de Lupita Nyong'o dans Us — une autre bonne production Blumhouse —, Elisabeth Moss explose littéralement. Elle est ici parfaite en victime qui cherche à se reconstruire, jamais loin de la folie.

Les autres rôles sont également bien interprétés, avec un tout petit bémol sur Oliver Jackson-Cohen qui manque de charisme dans le rôle du méchant de service.
Qui dit film d'horreur dit jump scares et, si ici ils ne sont pas nombreux, cela les rend d'autant plus efficaces, surtout que pour le coup ils sont bien souvent inattendus.

Ce qui me mène à parler de la réalisation, domaine où Leigh Whannell se trouve être particulièrement bon. Que ce soit Insidious 3 ou l'injustement moins connu Upgrade, Leigh Whannell parvient à chaque film à faire monter la tension et rendre le film efficace, et ce quelle que soit la durée. Il y a assez de rebondissements et d'accroches visuelles pour offrir à ses films un bon rythme.

Dernier point, et cela est peut-être dû à un mauvais mixage ou à l'équipement de la salle, mais la bande originale est criarde, trop forte et est, à mes yeux, le seul point réellement négatif du film.
Invisible Man est une excellente relecture du mythe, à la fois moderne, effrayante, et ce entre autres grâce à un très bon scénario et un casting de qualité.
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