Twitter : #Dolly
Titre VO : Dolly
Réalisateur : Rod Blackhurst
Acteurs : Fabianne Therese, Seann William Scott, Ethan Suplee
Durée : 1er avril 2026
Date de sortie en France : 1ᵉʳ avril 2026
Il y a des films qui sentent la salle obscure à 23h45, les fauteuils fatigués et les applaudissements gênés de fin de projection. Dolly fait clairement partie de ceux-là.
Tourné en 16MM, le film affiche immédiatement la couleur. Grain épais, image sale, ambiance poisseuse : impossible de ne pas penser à Massacre à la tronçonneuse, voire à Le Projet Blair Witch — sans le gimmick de la caméra portée façon “on se filme nous-mêmes”. Ici, l’objectif est limpide : installer une atmosphère lourde, presque documentaire, qui colle à la peau.
Et sur le papier, l’idée est franchement séduisante.
Mais voilà. Au milieu de cette volonté ultra roots débarque Seann William Scott. Très bon, indéniablement. Investi. Sauf que sa simple présence casse un peu l’illusion. Quand on reconnaît immédiatement un visage associé à Hollywood, le vernis “film trouvé dans une cave” se fissure. Un casting 100 % inconnu aurait sans doute rendu l’ensemble encore plus brut, encore plus inquiétant — comme l’avait si bien fait Massacre à la tronçonneuse à l’époque.
Passé ce détail, Dolly ne fait pas dans la demi-mesure.
L’horreur n’est pas forcément là où on l’attend. Moins dans l’hémoglobine que dans le malaise. Le personnage incarné par Seann William Scott subit violemment et offre des scènes d’horreurs assez intenses, mais c’est surtout le personnage joué par Fabianne Therese qui crée un trouble persistant via ce qui lui arrive. Une horreur plus psychologique, plus insidieuse. Celle qui reste un peu après la séance.
Et pourtant…
Sous ses qualités évidentes, le film trahit aussi ses limites. Quelques inspirations un peu trop visibles. Un rythme parfois précipité, sans doute contraint par le budget. Un scénario qui aurait mérité d’être creusé pour dépasser le simple exercice de style. On sent le premier film “carte de visite”, celui qu’on promène de festival en festival avec l’espoir qu’un producteur tombe amoureux du potentiel.
Ce qui ne retire rien à ses qualités. Mais n’efface pas ses défauts.
Alors oui, Dolly séduira les amateurs d’horreur étrange, dérangeante, borderline. Ceux qui aiment sortir d’une salle avec un léger inconfort.
Reste la vraie question.
Est-ce le genre de film qui hante suffisamment pour donner envie d’y revenir ?
De mon côté, malgré plusieurs scènes marquantes, la réponse est non. Il m’a manqué une histoire plus forte, plus viscérale, capable de transformer le malaise en véritable attachement.
Et c’est peut-être là que se joue la différence entre un film de festival… et un film qui marque vraiment les esprits.
Soyez le premier à commenter