Babysitting : la comédie française qui réussit là où Projet X échouait

Babysitting

8.5

Scénario

8.2/10

Casting

8.8/10

Réalisation

8.6/10

Les pour

  • Une excellente utilisation du found footage
  • Beaucoup de cœur et de tendresse
  • Une vraie retenue dans l’humour
  • Des personnages attachants
  • Philippe Duquesne irrésistible
  • De nombreuses références geek
  • Une comédie qui s’adresse à un large public

Les contre

  • Une intrigue relativement prévisible
  • Une inspiration évidente de Projet X
Avis:

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Titre originalBabysitting

RéalisateursPhilippe Lacheau, Nicolas Benamou

Casting principalPhilippe Lacheau, Alice David, Vincent Desagnat, Tarek Boudali, Julien Arruti, Enzo Tomasini, Gérard Jugnot, Clotilde Courau, Philippe Duquesne

Durée1h25

Date de sortie en France16 avril 2014

Et pourquoi le found footage complètement déglingué serait-il réservé uniquement au cinéma américain ?

Oui, le cinéma français peut lui aussi s’amuser et partir totalement en vrille en proposant un film dans la veine de Projet X.

Mais contrairement à ce dernier, devenu malgré lui la référence du genre, Babysitting possède plusieurs qualités qui font toute la différence : du cœur, de la tendresse, de la retenue et surtout cette intelligence de ne jamais tomber dans la facilité.

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Car oui, au départ je me suis dit : « Encore un film où, au bout de deux minutes, on va nous expliquer que la drogue c’est cool, où tous les personnages vont finir complètement défoncés après dix minutes et coucher dans tous les coins de la maison… Bref, un navet ! »

Eh bien il n’en est absolument rien.

Pour une fois, Babysitting montre une bande de copains capables de s’amuser sans avoir besoin de se droguer, de fumer en permanence ou de finir ivres morts dans chaque scène. Ici, les héros ne passent jamais leur soirée écroulés sous une table à décuver. Et j’ai envie de dire bravo.

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Depuis plusieurs années, le cinéma donne beaucoup trop souvent l’impression qu’il est « cool » de fumer des pétards à longueur de film ou de se mettre une cuite monumentale pour passer une bonne soirée. Babysitting démontre au contraire que l’on peut parfaitement s’amuser autrement.

Le film fait également preuve d’une vraie retenue. Il ne sombre jamais dans le graveleux facile où une avalanche de sexe et de blagues douteuses l’aurait immédiatement rangé dans la catégorie des comédies vues et revues. Certes, il y a bien quelques seins nus, mais jamais cette volonté de transformer chaque soirée en gigantesque orgie, comme si c’était une obligation. Nous ne sommes clairement pas devant un énième Spring Breakers.

Il faut dire qu’ici, nous suivons une bande de trentenaires et non une succession d’adolescents caricaturaux. On ne fait tout simplement pas la fête de la même manière à 30 ans qu’à 17 ans, surtout lorsque le cinéma américain de bas étage tente de nous vendre une vision totalement fantasmée des soirées étudiantes.

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C’est aussi pour cela que Babysitting parlera probablement à un public beaucoup plus large que Projet X, dont l’impact restait principalement limité aux adolescents.

Enfin, et contrairement à la plupart des films du genre, Babysitting possède un véritable cœur. Grâce au personnage de l’enfant, particulièrement bien choisi, et à la relation touchante qu’il entretient avec son père, le film apporte une dimension émotionnelle inattendue. Je préfère d’ailleurs ne pas développer ce point afin de vous laisser le découvrir par vous-même.

Là encore, cette approche distingue clairement Babysitting de nombreuses productions similaires dont l’unique objectif consiste généralement à savoir si le héros finira ou non dans le lit de la plus jolie fille de la soirée.

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Autre point fort : contrairement à Projet X, le film ne reste pas enfermé pendant toute sa durée dans une seule maison. La petite bande quitte régulièrement le lieu principal pour aller vivre d’autres situations complètement déjantées, offrant selon moi les meilleurs moments du film.

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On appréciera également les nombreuses références geek disséminées ici et là — que je me garderai bien de révéler — ainsi qu’un Philippe Duquesne absolument irrésistible. Une fois encore, il fait preuve d’une drôlerie incroyable au point de devenir, à mes yeux, le personnage le plus mémorable du film.

Je partais donc avec quelques appréhensions, persuadé de me retrouver devant un vulgaire hamburger réchauffé.

Au final, c’est un excellent foie gras que l’on m’a servi.

Un vrai savoir-faire à la française, avec des cuisiniers capables de transformer une recette pourtant prévisible en un plat particulièrement savoureux.

Maintenant que l’on a goûté au plat… on a forcément envie d’un dessert.

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