Critique de L’Homme qui rit : une superbe ambition visuelle desservie par un casting inégal

L’Homme qui rit

7.3

Scénario

7.8/10

Casting

6.4/10

Réalisation

7.7/10

Les pour

  • Une direction artistique superbe
  • Une atmosphère envoûtante
  • Des décors et une mise en scène magnifiques
  • L’excellente prestation de Gérard Depardieu

Les contre

  • Un duo principal très inégal
  • Une seconde partie qui s’essouffle
  • Une fin qui manque d’émotion
  • Christa Théret manque de crédibilité dans les scènes finales
Avis:

X#LHommeQuiRit #JeanPierreAmeris #MarcAndreGrondin #GerardDepardieu #ChristaTheret #VictorHugo #CinemaFrancais #Zickma

Titre originalL’Homme qui rit

RéalisateurJean-Pierre Améris

Casting principalMarc-André Grondin, Gérard Depardieu, Christa Théret, Emmanuelle Seigner, Serge Merlin

Durée1 h 35

Date de sortie en France26 décembre 2012

À force d’être déçu par Tim Burton, je me suis laissé tenter par L’Homme qui rit. Il faut dire que la bande-annonce donnait l’impression de découvrir un film de Tim Burton… sans Tim Burton derrière la caméra. C’est d’ailleurs là que l’on mesure à quel point le réalisateur est parvenu à imposer un véritable style visuel. Et sur ce point, je dois reconnaître avoir été totalement conquis.

L’esthétique du film est absolument remarquable. Il est suffisamment rare de voir une production française afficher une telle ambition visuelle pour que cela mérite d’être souligné. Le dernier souvenir de ce niveau remonte pour moi au Pacte des loups de Christophe Gans. Les décors sont superbes, la mise en scène est somptueuse et l’ensemble dégage une atmosphère à la fois fantastique et féerique qui nous plonge immédiatement dans son univers.

L’histoire est, elle, plus classique. Après tout, il s’agit d’une adaptation de Victor Hugo. Malheureusement, un choix de casting discutable et une seconde partie beaucoup plus pantouflarde viennent sérieusement freiner l’enthousiasme.

L’une des principales faiblesses du film réside selon moi dans le duo formé par Marc-André Grondin et Christa Théret. Tous deux sont capables d’être excellents dans certaines scènes avant de devenir beaucoup moins convaincants dans d’autres. La fin du film, qui devrait être particulièrement émouvante, en devient presque ridicule tant l’interprétation, surtout celle de Christa Théret, manque de justesse. On finit par se désintéresser complètement du sort de son personnage et l’émotion ne prend jamais.

Marc-André Grondin souffre lui aussi de cette irrégularité. Très convaincant durant une bonne partie du film, il gâche malheureusement plusieurs scènes importantes dans le dernier acte. La séquence du Parlement, notamment, sonne faux et peine à convaincre. Je ne sais pas dans quel ordre les scènes ont été tournées, mais toute la fin du film semble pâtir d’un jeu d’acteur nettement moins inspiré.

Heureusement, Gérard Depardieu est là pour relever le niveau. Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas trouvé aussi bon au cinéma. Il apporte exactement ce qu’il faut de dureté, de tendresse et d’humanité à son personnage. C’est clairement lui qui porte le film dans ses moments les plus fragiles.

Lorsque je lis certains commentaires de personnes refusant d’aller voir le film uniquement parce que Gérard Depardieu y joue, suite à son départ de la France à l’époque, je trouve cette réaction totalement puérile. On parle ici de cinéma. Qu’on apprécie ou non l’homme n’a rien à voir avec la qualité de son interprétation. Force est de constater qu’il livre ici une très belle prestation et que, rien que pour cela, le film mérite le détour.

Au final, L’Homme qui rit a le mérite de proposer un univers visuel particulièrement rare dans le cinéma français. C’est d’autant plus dommage que ce superbe écrin soit desservi par un casting parfois trop fébrile, notamment dans sa dernière partie. Quant à Christa Théret, je n’ai jamais vraiment eu le sentiment qu’elle possédait le charisme et les épaules nécessaires pour porter un rôle d’une telle importance.

Bonus : quel plaisir de retrouver Serge Merlin. Même si, à chacune de ses apparitions, je ne pouvais m’empêcher d’entendre dans ma tête : « Colignon… crêpe chignon… ».

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