Critique de Perfect Mothers : un drame troublant porté par un excellent quatuor d’acteurs

Perfect Mothers

8.5

Scénario

8.4/10

Casting

8.7/10

Réalisation

8.4/10

Les pour

  • Sujet original et dérangeant
  • Excellent quatuor d’acteurs
  • Très beaux décors
  • Belle bande originale
  • Une fin qui referme intelligemment le récit

Les contre

  • Les deux jeunes acteurs paraissent trop “parfaits”
  • Certaines scènes semblent surtout destinées à mettre en valeur leur physique
  • Le changement de titre français injustifié

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Titre originalTwo Mothers

RéalisateurAnne Fontaine

Casting principalNaomi Watts, Robin Wright, Xavier Samuel, James Frecheville

Durée1h51

Date de sortie en France4 septembre 2013

Avant toute chose, un petit coup de gueule. Il serait temps d’arrêter de prendre les spectateurs pour des idiots en remplaçant un titre anglais… par un autre titre anglais ! Tant qu’à modifier un titre, autant lui donner un véritable titre français. Ici, cela n’avait absolument aucun intérêt. Le film s’intitule à l’origine Two Mothers, un titre parfaitement compréhensible, et le rebaptiser Perfect Mothers ne lui apporte strictement rien tout en dénaturant son sens.

Maintenant que c’est dit, place au film.

Sans être irréprochable, Perfect Mothers m’a fait passer un agréable moment. Son sujet est évidemment dérangeant puisqu’il raconte l’histoire de deux amies de toujours qui acceptent chacune d’entretenir une relation avec le fils de l’autre. Une situation qui repousse clairement les limites de l’amitié et qui peut mettre une partie du public mal à l’aise.

Au départ, on se demande sincèrement comment une telle histoire pourra tenir sur la durée sans sombrer dans le ridicule. Pourtant, au fil des minutes, le film parvient progressivement à nous faire accepter cette situation si particulière. Non pas parce qu’il cherche à la justifier, mais parce qu’il prend le temps de développer ses personnages. On finit par s’attacher aux quatre protagonistes et à comprendre, sans forcément les approuver, les choix qui les conduisent jusque-là.

La conclusion est d’ailleurs particulièrement réussie. Elle vient refermer la boucle en faisant écho aux premières images du film, donnant le sentiment d’avoir assisté à un cycle complet.

Les acteurs sont excellents, les décors sont magnifiques et la musique accompagne parfaitement l’ensemble du récit.

Ma seule véritable réserve concerne le choix des deux jeunes acteurs.

Ils semblent tout droit sortis d’une campagne de publicité tant leur physique est irréprochable. Corps parfaitement dessinés, silhouettes d’athlètes… on est davantage face à des mannequins que devant des garçons que l’on pourrait réellement croiser dans la vie de tous les jours. À mes yeux, le film aurait gagné en force si les deux personnages avaient affiché un physique plus naturel. Pas forcément quelconque, mais simplement plus crédible.

Le film multiplie également les scènes où ils apparaissent torse nu. Entre les passages sur la plage, les ralentis, les scènes de douche ou encore les réveils savamment mis en scène, difficile de ne pas avoir l’impression que la réalisatrice s’est parfois davantage amusée à mettre ses acteurs en valeur qu’à servir son récit.

Heureusement, les hommes ne sont pas totalement oubliés puisque Robin Wright a également droit à une scène plus dénudée, même si cela reste beaucoup plus discret.

Rien de tout cela ne nuit réellement au film, mais sachant qu’il est réalisé par Anne Fontaine, on ne peut s’empêcher de se demander si elle ne s’est pas offert, par moments, quelques petits plaisirs de mise en scène.

Quoi qu’il en soit, Perfect Mothers reste une œuvre intéressante qui amène le spectateur à réfléchir aux limites de l’amitié, de l’amour et des conventions sociales. Rien que pour cela, le détour mérite d’être fait.

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