Clayface
Les pour
- Une véritable identité horrifique
- Une approche centrée sur le personnage
- Des transformations gores et convaincantes
- Une dernière demi-heure particulièrement réussie
Les contre
- Des astuces visuelles trop répétitives
- Un apprentissage des pouvoirs trop rapide
- Un Tom Rhys Harries peu charismatique au départ
- Une durée qui aurait mérité quelques minutes supplémentaires
X#Clayface #JamesWatkins #TomRhysHarries #NaomiAckie #MaxMinghella #EddieMarsan #DCStudios #DCU #Horreur #BodyHorror
Titre originalClayface
RéalisateurJames Watkins
Casting principalTom Rhys Harries, Naomi Ackie, Max Minghella, David Dencik, Eddie Marsan
Durée1H49
Date de sortie en France21 octobre 2026
Autour du filmNouvelle adaptation d’un comic bookVoir les détails
Detective Comics #298 (Matt Hagen / Clayface) — Comic book DC Comics — 1961 — Bill Finger et Sheldon Moldoff
- Les Nouvelles Aventures de Batman — Série d’animation — 1977 — Filmation
- Batman, la série animée — Série d’animation — 1992–1995 — Bruce Timm et Eric Radomski
- Batman — Série d’animation — 2004–2008 — Duane Capizzi et Michael Goguen
- Batman : L'Alliance des héros — Série d’animation — 2008–2011 — James Tucker
- La Ligue des justiciers : Nouvelle Génération — Série d’animation — 2010–2022 — Brandon Vietti et Greg Weisman
- Gotham — Série télévisée — 2014–2019 — Bruno Heller
- Harley Quinn — Série d’animation — 2019 — Justin Halpern, Patrick Schumacker et Dean Lorey
- Creature Commandos — Série d’animation — 2024 — James Gunn
- Lego Batman, le film — 2017 — Chris McKay
- Clayface — 2026 — James Watkins • Film actuel
La chanson du filmDécouvrez la chanson du filmVoir les détails
If You Leave Me Now — Jasmine Jethwa
Reprise du célèbre titre de Chicago spécialement enregistrée pour la bande originale de Clayface, produite par Volker Bertelmann avec le London Contemporary Orchestra aux studios Abbey Road.
Après le génériqueAucune scène — vous pouvez partir
Alors même que Warner et, par conséquent, DC viennent de se faire manger tout crus par Paramount dans ce qui restera comme l’un des rachats les plus fous d’Hollywood depuis celui de la Fox par Disney, voilà qu’ils décident enfin de montrer qu’ils en ont encore dans le pantalon avec Clayface !
Et autant dire qu’il était temps !
Après la déconvenue Supergirl et le succès mitigé de Superman, ce nouveau film de l’écurie DC avait une sacrée pression sur les épaules. Il fallait non seulement prouver que le DCU n’était pas une nouvelle fois condamné, mais aussi que James Gunn, qui chapeaute tout ce petit monde, avait encore quelques bonnes idées en réserve.
Et franchement, sur le papier, Clayface ne partait pas vraiment gagnant.
Un personnage relativement méconnu du grand public, pas de super-héros emblématique pour attirer les foules et surtout une approche radicalement différente de ce que DC nous propose habituellement. Autant dire que le pari était risqué.
Mais parfois, c’est justement en prenant des risques qu’on obtient les meilleures surprises !
Ce qui frappe rapidement avec Clayface, c’est sa volonté de rester concentré sur un seul et unique personnage.
Pas de héros accompagné d’une ribambelle de faire-valoir, pas de caméos gratuits destinés à faire hurler les geeks dans les salles et encore moins de références à répétition pour rappeler aux spectateurs qu’ils regardent un film DC.
Non, ici, on raconte une histoire. Une vraie.
Et c’est précisément ce qui avait fait la force du premier Joker et du Batman de Matt Reeves : savoir rester focalisé sur son sujet sans chercher à en faire des tonnes.
Le film nous entraîne ainsi dans la vie de Matt Hagen, de sa réussite jusqu’à sa terrible descente aux enfers. Une chute progressive qui permet de découvrir un personnage bien plus complexe qu’il n’y paraît.
Et même si tout n’est pas parfait, cette approche fonctionne particulièrement bien.
Car oui, malgré ses nombreuses qualités, Clayface possède aussi quelques défauts, à commencer par certaines économies budgétaires qui finissent par se remarquer.
Attention, les effets visuels sont globalement réussis et la transformation de notre personnage principal en Gueule d’argile est particulièrement convaincante. Mais lorsqu’il s’agit de lui faire changer de visage, on sent rapidement que la production a préféré ressortir quelques vieilles astuces plutôt que de multiplier les maquillages complexes et les effets numériques coûteux.
Un visage dissimulé derrière une poutre, un changement de plan rapide vers un autre acteur ou encore un élément du décor judicieusement placé devant la caméra… Les techniques old school sont nombreuses !
Et pourquoi pas, après tout ? Cela fonctionne même plutôt bien lors des premières transformations.
Sauf qu’arrivé à la cinquième, on commence sérieusement à voir venir le truc et l’astuce devient presque grossière.
Rien de dramatique, mais difficile de ne pas le remarquer.
Autre petit regret, et celui-ci est presque un compliment : le film est trop court !
Avec sa durée d’un peu moins de 1H50, Clayface aurait facilement pu se permettre quinze minutes supplémentaires, notamment pour développer davantage la manière dont Matt apprend à maîtriser ses nouvelles capacités.
Sa transformation physique et surtout sa faculté à conserver ses différentes apparences semblent parfois un peu trop rapides, presque trop parfaites dès les premières tentatives.
Quelques scènes supplémentaires auraient permis de rendre cette évolution encore plus crédible.

Et croyez-moi, venant de quelqu’un qui peste régulièrement contre ces films interminables qui auraient largement mérité de perdre une bonne demi-heure, réclamer davantage de durée est plutôt rare !
Du côté des acteurs, j’avoue avoir eu un peu de mal au départ avec Tom Rhys Harries.
Non pas qu’il joue mal, loin de là, mais je lui trouve un certain manque de charisme. Son interprétation reste correcte, sans véritablement marquer les esprits dans un premier temps.
En revanche, les choses deviennent nettement plus intéressantes lorsque son personnage commence à basculer du mauvais côté.
C’est finalement dans cette facette plus sombre qu’il parvient à se montrer le plus convaincant.
Rien à redire, en revanche, concernant Naomi Ackie, qui s’en sort très bien et apporte une belle présence à l’ensemble.
On appréciera également une bande originale sympathique, qui accompagne efficacement les différentes étapes de cette descente aux enfers.
Autant prévenir ceux qui associent automatiquement DC à de grosses bastons, des explosions et des combats de super-héros à n’en plus finir : vous risquez d’être surpris !
Clayface prend son temps.
Sa première partie privilégie les personnages, leurs relations et l’évolution de Matt plutôt que de chercher à en mettre plein la vue toutes les cinq minutes.
Un choix qui pourrait en ennuyer certains, mais qui permet justement de donner davantage de poids à ce qui arrive ensuite.
Car lorsque le film décide enfin d’accélérer, notamment durant ses trente dernières minutes, il ne fait clairement pas semblant !
Et c’est là que l’on comprend toute l’intelligence de cette approche.
Depuis le début de sa promotion, Clayface nous était présenté comme un véritable film d’horreur.
Une promesse qui pouvait faire sourire tant les studios hollywoodiens ont tendance à vendre leurs productions comme sombres, violentes ou terrifiantes avant de finalement proposer quelque chose de relativement sage pour ne froisser personne.
Mais cette fois, Warner a visiblement décidé de sortir sa plus belle paire de c******* !
Car oui, Clayface est un véritable film d’horreur, et pas simplement un film de super-héros avec deux ou trois scènes un peu effrayantes.
On y découvre des séquences franchement gores, des transformations particulièrement répugnantes et plusieurs situations suffisamment perturbantes pour retourner l’estomac des spectateurs les plus sensibles.
Et surtout, le film ne cherche jamais à atténuer son propos pour séduire un public plus large.
C’est sale, parfois dérangeant, régulièrement cruel et surtout parfaitement assumé.
Une audace que l’on aimerait retrouver plus souvent dans les adaptations de comics !
D’ailleurs, détail intéressant : il n’est jamais fait mention de Batman ou des autres grandes figures de l’univers DC.
Et finalement, c’est tant mieux !
Matt Hagen existe ici par lui-même, sans avoir besoin de s’appuyer sur un personnage plus populaire pour justifier son existence à l’écran.
Au final, Clayface s’impose tout simplement comme le meilleur film DC depuis le premier Joker et The Batman de Matt Reeves.
Un film imparfait, certes, mais qui possède une véritable identité, ose prendre des risques et surtout tient sa promesse jusqu’au bout.
Et après des années à voir les studios chercher désespérément la formule miracle pour relancer leurs univers de super-héros, voilà peut-être la solution : arrêter de vouloir systématiquement faire des films de super-héros !
Avec Clayface, DC prouve qu’il reste encore énormément de choses à raconter dans son univers.
Et surtout, qu’il est parfois bien plus intéressant de nous faire peur que de chercher à nous en mettre plein les yeux.
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