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Titre VO : Supergirl
Réalisateur : Craig Gillespie
Acteurs : Milly Alcock, Matthias Schoenaerts, Eve Ridley, Jason Momoa, David Krumholtz
Durée : 1h50
Date de sortie en france : 1 juillet 2026
On a déjà énormément entendu parler de Supergirl avant même sa sortie. Les premières critiques, publiées plus tôt que prévu suite à une levée d’embargo anticipée après une projection test montre à nouveau le décalage presse et public. En effet les avis « pro » ont rapidement refroidi les attentes quand les retours des séances tests semblaient pourtant bien plus enthousiastes.
À mon tour de donner mon avis.
Et force est de constater que les critiques n’ont pas complètement tort. Oui, le scénario est faible, les personnages secondaires sont globalement oubliables et le film peine à raconter une histoire réellement marquante. Mais tout n’est pas à jeter, loin de là. Deux éléments permettent à Supergirl de sortir un peu du lot : son actrice principale et sa volonté de proposer un univers différent de celui auquel DC nous avait habitués.
Commençons justement par l’héroïne. Moquée sur les réseaux sociaux avant même la sortie du film, l’actrice fait rapidement taire une bonne partie des critiques. Elle livre une Supergirl convaincante, attachante et surtout pleine de personnalité. Loin d’être une simple version féminine de Superman ou une héroïne naïve destinée à rester dans son ombre, elle impose immédiatement son propre caractère.
À la fois fragile, drôle, impulsive et capable de devenir redoutable lorsqu’il le faut, cette Supergirl possède une vraie présence à l’écran. L’actrice parvient même à nous faire oublier que la quête principale de son personnage est… de trouver un antidote pour sauver son chien. Sur le papier, difficile de faire plus léger, mais grâce à son interprétation, on finit malgré tout par suivre son aventure avec un certain plaisir.
Le grand méchant, lui, a été beaucoup critiqué. Et il est vrai qu’il ne rejoindra jamais la liste des antagonistes mémorables de DC. Pourtant, chacune de ses apparitions fonctionne plutôt bien. Il dégage une certaine menace et remplit correctement son rôle. Rien d’exceptionnel, mais dans un film qui ne cherche jamais vraiment la profondeur, cela reste suffisant.
Le véritable problème vient du scénario.
Impossible de le nier : tout est extrêmement classique. La recherche d’un antidote pour un chien est déjà une motivation assez mince, à laquelle s’ajoute une intrigue de vengeance menée par une jeune fille dont la famille a été massacrée par le méchant de service. Deux histoires usées jusqu’à la corde et qui n’apportent finalement aucune surprise.
En revanche, là où Supergirl tente réellement quelque chose, c’est dans son univers. Exit les gratte-ciel de Metropolis, les foules terrorisées et les affrontements urbains. Ici, le film adopte une ambiance beaucoup plus poussiéreuse, presque post-apocalyptique, qui rappelle parfois Mad Max. Notre héroïne passe d’ailleurs une bonne partie du film sans son célèbre costume, preuve que le réalisateur cherchait réellement à sortir des sentiers battus. L’intention est sincère… mais malheureusement, une bonne idée visuelle ne suffit pas à compenser une histoire qui manque cruellement de substance.
Du côté des effets spéciaux et des scènes d’action, rien de catastrophique mais rien de mémorable non plus. Tout est propre, efficace, calibré… et finalement très générique. Même constat pour la bande originale, qui enchaîne les morceaux pop pour donner une identité moderne au film. Là où Les Gardiens de la Galaxie savaient utiliser ses chansons pour renforcer les émotions ou dynamiser les combats, ici elles donnent souvent l’impression d’être plaquées et finissent même par casser l’intensité de certaines scènes.
Au final, Supergirl est un film qui se regarde sans véritable déplaisir mais qui sera probablement oublié quelques semaines après sa sortie. On sent qu’il y avait une envie de proposer autre chose, de sortir des codes habituels du film de super-héros, et cette ambition mérite d’être saluée. Malheureusement, sans un scénario solide et des personnages plus travaillés, cette bonne volonté ne suffit jamais.
Et c’est peut-être là le vrai problème du cinéma hollywoodien actuel : les effets spéciaux sont toujours plus impressionnants, les budgets toujours plus énormes… mais les scénarios semblent parfois écrits pour être consommés puis oubliés aussitôt. À force de privilégier le spectacle au récit, Hollywood finit par produire des films qui ressemblent davantage à du contenu de plateforme qu’à de véritables œuvres de cinéma. Supergirl en est malheureusement une nouvelle illustration.
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