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Titre VO : Michael
Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long, Miles Teller, Laura Harrier
Durée : 2 h 08 min
Date de sortie en France : 22 avril 2026
Parler de Michael Jackson au cinéma, c’est forcément s’attaquer à quelque chose de colossal. Une vie hors norme, une carrière unique et une aura qui dépasse encore aujourd’hui tout ce que l’industrie musicale a pu produire. Alors forcément, avec Michael, la question est simple : est-ce que le film est à la hauteur du mythe ?
Et très vite, une chose saute aux yeux.
Le film choisit un angle clair : celui des débuts. Des Jackson 5 jusqu’au Bad Tour, on découvre un Michael encore loin des polémiques, encore loin de l’image que beaucoup ont en tête. Oui, l’enfance est difficile. Oui, la pression est omniprésente. Mais rien n’est encore terni par la presse, les profiteurs ou l’industrie prête à broyer l’artiste. Et c’est justement ce qui rend cette première partie aussi intéressante : voir comment tout s’est construit, avant que tout ne dérape.
Et il faut être très clair là-dessus : Michael n’est pas un film pour ceux qui attendent du trash, du scandale ou du sensationnalisme. Ici, pas de voyeurisme, pas de volonté de salir ou de choquer à tout prix. Ceux qui espèrent un film à scandales peuvent passer leur chemin. Le choix est assumé, et même revendiqué : raconter l’humain et l’artiste avant tout, sans céder à la facilité du graveleux.
Raconter toute la vie de Michael en deux heures ? Impossible. Et le film ne cherche pas à tricher là-dessus. Certaines étapes passent au second plan. The Wiz est évoqué sans s’attarder, la relation avec Diana Ross reste discrète, et plusieurs moments importants de sa jeunesse sont volontairement laissés de côté. Et pourtant, ça ne pose jamais vraiment problème. Parce que tout ce qui est essentiel est là. Chaque scène sert la construction de Michael, de l’artiste et de l’homme. Le reste aurait été du bonus, agréable pour les fans, mais pas indispensable pour le grand public.
Mieux encore, le film glisse de nombreux détails pour les plus attentifs. Des clins d’œil, des références, des éléments qui montrent que rien n’a été oublié, simplement traité différemment. Un exemple simple concerne le vitiligo, évoqué rapidement lors d’une consultation médicale. Fallait-il en faire plus ? Non. Le film fait confiance au spectateur pour comprendre, et ce simple passage suffit à annoncer les transformations à venir. Même chose pour Neverland, absent ici mais constamment suggéré à travers l’imaginaire de Peter Pan, évoqué de manière intelligente. Un détail en particulier, presque anodin, permet de comprendre en quelques secondes toute la complexité du personnage et ce besoin d’évasion qui le définira par la suite.
Concernant la violence exercée par son père, elle est bien présente mais toujours traitée avec retenue. Là encore, le film refuse de tomber dans le choc facile. Ceux qui s’attendaient à quelque chose de frontal ou de dérangeant dans la forme seront sans doute surpris. Le parti pris est tout autre : suggérer plutôt que montrer, faire ressentir plutôt qu’exposer. Et c’est sans doute ce qui rend certaines scènes encore plus marquantes. Une simple confrontation, une tension, un geste suffisent à faire passer toute la peur et la pression.
Maintenant que vous savez à quoi vous attendre concernant l’histoire, il faut évoquer une absence qui risque de faire parler : Janet Jackson. Elle n’existe tout simplement pas dans ce premier volet. Un choix surprenant, presque déroutant, mais qui n’altère finalement pas la narration globale, même s’il interroge clairement.
Côté casting, difficile de ne pas parler de Jaafar Jackson. La ressemblance est troublante, parfois même perturbante tant elle est réaliste. Sur scène, dans les gestes, dans les regards, il capte quelque chose de très juste. Il ne se contente pas d’imiter, il incarne réellement Michael. Dans les moments chantés comme dans les scènes plus intimes, il parvient à trouver le bon ton. Une performance impressionnante, qui pourrait bien marquer les esprits durablement.
Face à lui, le reste du casting est à la hauteur. Les parents, l’entourage, et notamment Miles Teller, tous livrent des prestations solides sans jamais voler la vedette au personnage principal. L’ensemble fonctionne parfaitement.
Inutile de s’attarder sur la bande originale. Quand on parle de Michael Jackson, la question ne se pose même pas. C’est du chef-d’œuvre.
Alors oui, Michael ne peut pas être un film parfait. Il y aura toujours des absences, des moments que certains auraient voulu voir davantage développés. Mais au regard de la richesse et de la complexité de cette vie, il fallait faire des choix, et ceux qui ont été faits ici sont globalement les bons.
Mais surtout, ce premier volet ne doit pas être vu comme une fin en soi.
Parce qu’en réalité, il pose les bases.
Tout ce qui est montré ici, les blessures, les rêves, les non-dits, prépare quelque chose de bien plus dense pour la suite. Une suite qui devra forcément s’attaquer aux zones les plus sombres, aux polémiques, à tout ce que certains attendent déjà ici… et qui, volontairement, n’est pas traité dans ce premier chapitre.
Et c’est peut-être là que réside la vraie réussite du film.
Michael ne cherche pas à choquer.
Il choisit de raconter.
Et le plus dur reste clairement à venir.






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