Twitter : #Scream7 #Ghostface #Horreur #Slasher #NeveCampbell
Titre VO : Scream 7
Réalisateur : Kevin Williamson
Acteurs : Neve Campbell, Courteney Cox, Mason Gooding, Jasmin Savoy Brown
Durée : 1h 50min
Date de sortie en france : 25 février 2026
Et de 7… et toujours cette même question qui revient : jusqu’où peut-on relancer une saga avant qu’elle ne tourne à vide ? On avait sincèrement envie d’y croire avec Scream 7. Après la semi-déception du 5 et la véritable douche froide du 6, l’espoir d’un sursaut planait au-dessus de Woodsboro. Retour à une petite ville, ambiance plus intime, figures familières… même la promesse de renouer avec l’ADN du Scream original de 1996. Sur le papier, tout semblait réuni pour redonner un second souffle à la franchise.
Mais très vite, quelque chose cloche. Et ce “quelque chose” commence dès le marketing. Une fois encore, la bande-annonce dévoile quasiment toute l’introduction du film. La surprise ? Éventrée. Là où la saga nous avait traumatisés dès les premières minutes avec Drew Barrymore, ou marqués avec l’ouverture culte impliquant Jada Pinkett Smith, ce septième opus choisit de tout montrer avant même la sortie en salles. Résultat : aucune tension, aucun choc. Pire encore, les premières victimes ne provoquent strictement rien. Deux visages quasi inconnus, un attachement inexistant, et un sort déjà éventé par la promo. L’émotion est absente, et avec elle, une partie essentielle de l’ADN de la saga.
Et malheureusement, le problème ne s’arrête pas là. Depuis Scream 4, un élément semble s’être volatilisé : un scénariste capable de manier le second degré et la mécanique du whodunit avec finesse. Ici, le film joue avec l’idée d’un retour de Stu Macher, incarné par Matthew Lillard, tout en répétant à l’envi qu’il est mort. Le suspense ne prend jamais. L’utilisation de l’intelligence artificielle, censée moderniser la saga et apporter un twist malin, tombe régulièrement dans le maladroit, voire le ridicule. Quant aux caméos de fin, ils ressemblent davantage à un fan service bâclé qu’à un véritable hommage réfléchi. L’idée pouvait être brillante. L’exécution, elle, est catastrophique. (L’ia aurait fonctionné si on avait eu l’utilisation des visages connus dans les films et pas les acteurs vieillissants sur fond vert)
Autre souci devenu récurrent depuis le 5 : les tueurs. Chaque nouvel opus semble ne plus savoir quoi inventer comme motivations, au point de les rendre totalement incohérentes. On pensait avoir touché le fond avec le 6 ? Ce septième épisode prouve qu’il reste encore de la marge pour creuser. Révélations absurdes, motivations tirées par les cheveux, mise en place bancale… Rien ne fonctionne vraiment, et la fameuse scène de dévoilement, autrefois moment phare de la saga, tombe ici complètement à plat.
Et pourtant, tout n’est pas à jeter. Certaines scènes de meurtre sont brutales, inventives, marquantes. Sur ce point, le film ose davantage et propose des séquences qui resteront sans doute dans les mémoires des fans les plus hardcore. La mise en scène est également plus soignée que dans les deux précédents volets, avec une atmosphère qui rappelle par instants la tétralogie originale. Visuellement, le film tient la route.
Côté casting, le plaisir de retrouver Neve Campbell est intact, toujours solide dans son rôle iconique. Mais c’est surtout Courteney Cox qui surprend agréablement. Sa Gale Weathers retrouve enfin le mordant et l’énergie qu’on aimait tant… avant de disparaître de manière totalement incohérente dans le dernier acte, comme si le scénario ne savait plus quoi faire d’elle. Quant aux fans de Melissa Barrera et Jenna Ortega, inutile d’espérer : leurs personnages ne sont même pas évoqués, comme effacés de la continuité.
La bande originale fait le travail, certains plans sont réussis, quelques meurtres impressionnent… Mais au bout du compte, le sentiment dominant reste celui d’un immense gâchis. Scream 7 donne l’impression d’une saga qui avance par automatisme, en empilant les références et les clins d’œil sans jamais retrouver la malice, la satire et l’intelligence qui faisaient sa force.
Le vrai twist, finalement, n’est pas l’identité du tueur. C’est de réaliser que le plus grand danger pour la saga ne porte pas de masque de Ghostface… mais s’appelle le manque d’idées. Si un huitième opus voit le jour, il ne faudra pas seulement un nouveau coupable. Il faudra surtout retrouver ce qui manque cruellement depuis trop longtemps : une écriture à la hauteur du mythe.




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