Twitter : #RetourÀSilentHill
Titre VO : Return to Silent Hill
Réalisateur : Christophe Gans
Acteurs : Jeremy Irvine, Hannah Emily Anderson, Robert Strange (III), Evie Templeton, Pearse Egan
Durée : 106 minutes
Date de sortie en France : 4 février 2026
À peine les premiers avis presse publiés que le couperet tombait. Froid. Sans appel. Puis est arrivée la sortie américaine… et le constat s’est confirmé : salles clairsemées, bouche-à-oreille inexistant, et un film déjà rangé dans la case des flops oubliables.
Sur le papier pourtant, il y avait de quoi espérer. Derrière la caméra, Christophe Gans, un nom qui résonne encore comme une promesse inachevée. Un cinéaste visionnaire, auteur de deux œuvres devenues cultes, dont l’incontournable Le Pacte des loups. Puis un faux pas, une production lourde, des choix imposés… et La Belle et la Bête qui laisse un goût amer. Depuis ? Le silence. Des projets annoncés, puis annulés. L’impression d’un talent mis sur pause, presque oublié, alors qu’il semblait prêt à exploser à nouveau.
Et puis ce retour tant espéré. Cette envie obsessionnelle de renouer avec un univers qui lui colle à la peau : Silent Hill. Sur le papier, encore une fois, l’idée fait saliver. Dans les faits… tout ce que vous avez pu lire sur Retour à Silent Hill est malheureusement vrai.
Le premier problème saute aux yeux dès les premières minutes : l’argent. Ou plutôt son absence face à des ambitions beaucoup trop grandes. On sent Gans vouloir rendre hommage au jeu vidéo, créer des tableaux, installer une atmosphère. Mais le budget ne suit pas, pire, il semble mal réparti. Quelques scènes tentent d’exister pendant que d’autres sombrent dans un bricolage gênant, au point de détourner l’attention du spectateur. Silent Hill est un monde qui exige des moyens pour prendre vie. Ici, il ressemble trop souvent à un téléfilm d’un autre âge.
Et ce n’est malheureusement que le début. Car le casting n’arrange rien. Difficile de se souvenir d’un ensemble aussi peu convaincant ces dernières années. Manque de justesse, absence de charisme, jeu parfois embarrassant… La question reste entière : acteurs dépassés ou réalisateur qui a lâché prise face au naufrage annoncé ? Quoi qu’il en soit, là où un bon casting peut parfois sauver un film bancal, celui-ci ne fait qu’enfoncer le clou.
Vient ensuite le scénario. Et là, le problème est plus profond. Le film semble pensé par un gamer, pour des gamers, sans jamais prendre la main du spectateur non initié. Résultat : une narration confuse, des personnages opaques, une histoire qui s’emmêle et finit par devenir totalement indigeste. Même en faisant l’effort de suivre, l’envie décroche tant la mise en scène peine à sublimer ce chaos.
La musique alors ? Dernier espoir. Mais là encore, l’illusion retombe. La bande originale, pourtant signée par un nom respecté du jeu vidéo, sonne comme une succession de cinématiques plaquées sur un film. Une ambiance qui rappelle le jeu… mais ne fonctionne jamais vraiment au cinéma.
Reste la réalisation. Et c’est sans doute le point le plus douloureux. Christophe Gans filme aujourd’hui comme il filmait il y a vingt ans. Quelques plans intriguent, oui, mais l’ensemble manque cruellement de modernité, d’audace, d’évolution. Comme si le temps s’était arrêté.
Alors que retenir de ce Retour à Silent Hill ? Pas grand-chose. Le film donne parfois l’impression d’un premier long-métrage fauché, bricolé avec passion mais sans les moyens nécessaires, comme ces projets indépendants portés à bout de bras par de jeunes réalisateurs prêts à tout sacrifier.
Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’un débutant.
Et c’est là que le constat devient amer : Retour à Silent Hill n’est pas seulement un film raté. C’est une nouvelle preuve que Christophe Gans reste l’un des plus grands talents gâchés du cinéma français, coincé entre ambitions démesurées et industrie incapable de les accompagner.




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