Cette semaine, Clément nous emmène loin des écrans et du cinéma pour une parenthèse plus intime, plus vibrante. Une rencontre théâtrale, de celles qui prennent leur temps, qui intriguent, qui installent une atmosphère avant de dévoiler toute leur force.
Sur scène, des mots ciselés, des échanges vifs, une époque qui affleure sans jamais se figer. Porté par Béatrice Costantini et François Nambot, le texte de Jean‑Luc Voulfow prend vie sous la mise en scène précise et élégante de Jean‑Luc Moreau. Tout est là pour capter l’attention… sans encore tout révéler.
Et puis le nom s’impose, comme une évidence. Une figure libre, indomptable, magnétique : Arletty.
Le spectacle s’intitule Arletty, un cœur très occupé, et il est à découvrir à La Scène Parisienne du 8 janvier au 29 mars. Un rendez-vous théâtral que Clément ne pouvait pas garder pour lui.
Voici ce qu’il en dit.
En juillet 1970, un journaliste tente de comprendre la relation que la célèbre actrice Arletty a entretenue avec un officier allemand marié sous l’Occupation. De cet échange naît le récit d’une passion clandestine, nourrie par une correspondance exceptionnelle de plus de 600 lettres commencée en 1941. D’abord sur la défensive, Arletty se laisse peu à peu aller à la confidence et replonge dans cette histoire d’amour, où la guerre reste volontairement en marge, rarement évoquée autrement que pour être rejetée.
La pièce s’attache à dépasser les jugements hâtifs et les récits déformés par la presse pour démêler le vrai du faux. Le journaliste prête sa voix à l’officier absent, tandis qu’Arletty se raconte elle-même, donnant naissance à des échanges fluides et vivants. Le rythme soutenu entraîne le spectateur dans une histoire d’amour passionnée, des amants maudits, pourrait-on dire, sans jamais laisser retomber l’attention.
On pénètre dans la salle avec des idées préconçues, on en ressort avec un regard plus nuancé sur Arletty et sur cette histoire devenue un véritable mythe. Il ne s’agit pas de l’excuser, mais de raconter en toute transparence un amour sincère, au-delà des ravages de la guerre. L’interprétation des comédiens rend l’évolution de la relation crédible et touchante, tandis que de fines touches d’humour viennent alléger un propos chargé d’émotion.

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