Critique Big Bad Wolves : un thriller israélien aussi brillant que dérangeant

Big Bad Wolves

9.3

Scénario

9.4/10

Casting

9.1/10

Réalisation

9.5/10

Bande originale

9.0/10

Les pour

  • Thriller extrêmement prenant
  • Réflexion passionnante sur la vengeance
  • Mélange audacieux d’humour noir et de violence
  • Excellente mise en scène
  • Dialogues très soignés
  • Huis clos redoutablement efficace
  • Fin ouverte qui prolonge la réflexion

Les contre

  • Violence psychologique pouvant rebuter
  • Quelques symboles nécessitent une certaine connaissance du contexte israélien
  • Absence de véritable dénouement qui pourra frustrer certains spectateurs
Avis:

X#BigBadWolves #AharonKeshales #NavotPapushado #LiorAshkenazi #TzahiGrad #RotemKeinan

Titre originalBig Bad Wolves

RéalisateurAharon Keshales, Navot Papushado

Casting principalLior Ashkenazi, Tzahi Grad, Rotem Keinan

Durée1h50

Date de sortie en FranceInédit en salles françaises (présenté à L’Étrange Festival 2013)

Présenté en ouverture de L’Étrange Festival 2013 au Forum des Images à Paris, Big Bad Wolves est une véritable claque.

Sur le papier, le film pourrait n’apparaître que comme un simple thriller de vengeance. En réalité, Aharon Keshales et Navot Papushado livrent une œuvre bien plus riche, qui interroge sans cesse la frontière entre victime et bourreau.

Tout commence lorsqu’un jeune instituteur, soupçonné d’être un tueur en série d’enfants, est relâché faute de preuves après avoir subi des violences policières. Convaincus de sa culpabilité, un ancien policier et le père d’une victime décident alors de lui faire subir leur propre justice.

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À partir de cette situation, Big Bad Wolves plonge progressivement le spectateur dans une spirale de violence particulièrement dérangeante.

Le film puise ouvertement dans l’imaginaire du Petit Chaperon Rouge, mais détourne complètement ce conte pour proposer une réflexion beaucoup plus sombre sur la barbarie humaine. Viol, torture, meurtre, vengeance… les réalisateurs ne cherchent jamais à édulcorer leur sujet.

Pourtant, ce qui surprend le plus reste la place accordée à l’humour.

Malgré la gravité des événements, le scénario multiplie les respirations et les situations absurdes qui provoquent parfois un rire presque coupable. Ce contraste permanent entre humour et violence renforce encore davantage le malaise et maintient constamment le spectateur sur le fil.

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Le film est également traversé par de nombreux symboles liés à l’histoire israélienne. Sans jamais devenir démonstratif, il évoque les blessures du pays à travers plusieurs détails visuels et narratifs qui enrichissent considérablement le propos.

La mise en scène se révèle d’une remarquable précision. Le huis clos fonctionne parfaitement grâce à des dialogues particulièrement soignés et une bande originale qui accompagne constamment la montée de la tension sans jamais en faire trop.

Pendant près de deux heures, Big Bad Wolves ne relâche jamais son emprise.

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Et lorsque le générique arrive, presque sans véritable conclusion, le film continue longtemps à hanter le spectateur, chacun étant libre de tirer ses propres interprétations.

Avec seulement leur deuxième long métrage, Aharon Keshales et Navot Papushado démontrent un talent remarquable et confirment leur volonté de bousculer durablement le cinéma israélien.

Une œuvre aussi percutante que magnétique.

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