Critique de Calvary : un humour noir irrésistible porté par des personnages savoureux

Calvary

8.9

Scénario

8.6/10

Casting

9.2/10

Réalisation

8.8/10

Les pour

  • Une galerie de personnages exceptionnelle
  • Des dialogues brillamment écrits
  • Un humour noir particulièrement efficace
  • Brendan Gleeson excellent
  • Une écriture très intelligente

Les contre

  • Une intrigue finalement secondaire
  • Un rythme qui faiblit durant le dernier tiers
  • Quelques longueurs avant le dénouement
Avis:

X#Calvary @20thCFox_FR #JohnMichaelMcDonagh #BrendanGleeson #ChrisODowd #KellyReilly #AidanGillen

Titre originalCalvary

RéalisateurJohn Michael McDonagh

Casting principalBrendan Gleeson, Chris O’Dowd, Kelly Reilly, Aidan Gillen, Dylan Moran, Isaach de Bankolé, M. Emmet Walsh

Durée1h45

Date de sortie en France26 novembre 2014

Petit film britannique sans prétention, Calvary est exactement le genre d’œuvre qui ne fera sans doute jamais trembler le box-office mais qui mérite largement d’exister tant il procure un vrai plaisir de cinéma.

À condition, bien sûr, d’apprécier l’humour noir.

Car si vous aimez les répliques acides, les personnages complètement décalés et les situations absurdes, vous serez servis. Calvary en est littéralement rempli.

L’histoire débute pourtant de manière particulièrement dramatique.

Dès les premières minutes, le film annonce clairement ce qui attend son personnage principal et laisse présager une issue quasiment inévitable. On pourrait croire que cette menace restera le moteur principal du récit, mais c’est finalement tout le contraire.

Au fil des jours, cette intrigue passe presque au second plan.

À tel point qu’en arrivant au dénouement, on en avait presque oublié cette promesse faite au début du film. Entre-temps, Calvary préfère s’attarder sur une galerie de personnages tous plus dérangés, torturés ou extravagants les uns que les autres.

Calvary - Critique6

Au centre de tout cela se trouve un prêtre qui, paradoxalement, n’est finalement pas tant considéré comme un homme que comme le réceptacle de toutes les frustrations, les souffrances et les perversions de la petite communauté qui l’entoure.

Comme si cela ne suffisait pas, sa fille revient également vivre quelque temps auprès de lui. Dépressive, marquée par plusieurs tentatives de suicide et toujours incapable de pardonner totalement son père, elle apporte une dimension plus intime qui fonctionne particulièrement bien.

Mais la véritable force de Calvary n’est finalement pas son intrigue.

C’est un film de personnages.

Et quels personnages !

Chacun possède sa propre personnalité, ses failles, son humour et bénéficie d’une écriture remarquable. Les dialogues sont souvent savoureux et les situations donnent régulièrement lieu à des échanges particulièrement drôles malgré les thèmes parfois très sombres abordés.

C’est précisément cet équilibre entre noirceur et humour qui fait toute la personnalité du film.

Calvary - Critique1

L’intrigue principale ne sert finalement que de fil conducteur reliant tous ces personnages entre eux.

En revanche, tout n’est pas totalement parfait.

Si les journées allant du lundi au mercredi sont particulièrement rythmées et riches en situations savoureuses, j’ai trouvé que le film avait davantage tendance à s’essouffler entre le jeudi et le samedi.

Le rythme ralentit sensiblement et l’on ressent quelques longueurs avant que le dimanche ne vienne rappeler avec beaucoup d’efficacité les événements annoncés au tout début du film.

Brendan Gleeson porte évidemment l’ensemble avec beaucoup de justesse, mais il serait injuste de ne retenir que lui tant tous les seconds rôles participent pleinement à la réussite de l’ensemble.

Au final, Calvary est une très belle surprise.

Ce n’est peut-être pas un film qui séduira le grand public, mais les amateurs d’humour noir, de personnages parfaitement écrits, d’intrigues à la manière d’un Cluedo et d’excellents acteurs devraient passer un excellent moment.

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