El Último Elvis : notre critique d’un drame argentin bouleversant sur l’obsession d’Elvis Presley

El Último Elvis

8.4

Scénario

8.6/10

Casting

9.0/10

Réalisation

7.6/10

Les pour

  • Une réflexion intelligente sur l’identité et l’obsession
  • Un John McInerny exceptionnel
  • Une interprétation vocale bluffante
  • Un final particulièrement émouvant
  • Une belle découverte du cinéma argentin

Les contre

  • Un rythme parfois un peu lent
  • Quelques longueurs
  • Peu de rebondissements

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Titre originalEl Último Elvis

RéalisateurArmando Bo

Casting principalJohn McInerny, Griselda Siciliani, Margarita López

Durée1h31

Date de sortie en France23 janvier 2013

Je connais finalement très peu le cinéma argentin… En revanche, je connais un peu Elvis Presley. C’est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis installé dans la salle pour découvrir El Último Elvis, un film dont je ne savais pratiquement rien.

Et après tout, le cinéma est aussi fait pour ça : partir à la découverte d’œuvres auxquelles on ne se serait peut-être jamais intéressé autrement.

Lorsque l’on entend les chansons d’Elvis, on pense immédiatement à la fête, au rock’n’roll et à une certaine joie de vivre. Pourtant, El Último Elvis prend totalement le contre-pied de cette image. Malgré quelques touches d’humour, le film est profondément mélancolique et parfois même assez déprimant.

À travers son personnage principal, il explore la perte d’identité et l’amour obsessionnel que l’on peut vouer à une autre personne au point de modeler entièrement sa propre existence. Le résultat est aussi fascinant qu’inquiétant.

Cet homme, qui se fait appeler Elvis, mange comme lui, vit comme lui, a épousé une femme prénommée Priscilla, comme l’ancienne épouse du King, et a même appelé sa fille Lisa — sans doute un compromis avec son épouse puisqu’il lui manque simplement le « Marie » de Lisa Marie Presley.

Au-delà de cette obsession, le film montre surtout jusqu’où certains fans peuvent être prêts à aller. Son final, particulièrement poignant, illustre à quel point cette quête d’identité peut devenir destructrice.

Mais au fond, j’y ai surtout vu autre chose. Plus qu’un film sur Elvis Presley, El Último Elvis parle selon moi de personnes profondément malheureuses qui cherchent à fuir leur propre réalité en endossant la personnalité d’une autre. C’est cette lecture qui rend le film particulièrement intelligent et touchant. Il invite à réfléchir sur la solitude, le mal-être et la tristesse qui peuvent parfois se cacher derrière l’imitation.

L’autre immense réussite du film est sans conteste John McInerny. Initialement engagé comme simple coach vocal de l’acteur principal, il a finalement hérité du rôle tant son talent s’est imposé comme une évidence.

Et quel talent !

Pour un premier rôle au cinéma, il impressionne par sa justesse et sa sensibilité. Il faut dire qu’il est avant tout chanteur et interprète lui-même toutes les chansons du film. Comme il aime le dire, « Dieu lui a donné la voix d’Elvis », et il est difficile de lui donner tort tant la ressemblance vocale est troublante.

J’ai d’ailleurs eu la chance de le voir lors de l’avant-première parisienne où il a interprété plusieurs morceaux, seul avec sa guitare. Je peux témoigner qu’il possède un véritable talent et une voix absolument remarquable.

Le seul véritable reproche que je pourrais adresser au film concerne son rythme. El Último Elvis est parfois assez lent et manque de quelques rebondissements, ce qui entraîne quelques petits moments de flottement. Heureusement, cela reste relativement rare et ne gâche jamais réellement la qualité de l’ensemble.

Au final, El Último Elvis est une très belle découverte. Un film intelligent, sensible et émouvant qui mérite largement le détour.

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