Seconde Critique de Silence

Silence

9

Scénario

9.0/10

Réalisation

9.0/10

Acteurs

9.0/10

Les pour

  • Scénario finement bien écrit
  • Une quête spirituelle grandiose et touchante
  • Andrew Garfield véritablement habités par son personnage
  • Un magnifique appel à la tolérance et aux respects des croyances de chacun.
  • Esthétiquement parfait !

#Twitter : #Silence @Metropolitan_Fr

Réalisateur : Martin Scorsese

Acteurs : Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson, Tadanobu Asano, Yôsuke Kubozuka, Ciaran Hinds

Date de sortie : 8 février 2017

Durée : 2h41

Cela faisait plus de 20 ans que Martin Scorsese rêvait d’adapter au cinéma le roman Chinmoku (Silence) de l’écrivain catholique japonais Shusaku Endo, publié en 1966. Le roman avait déjà été adapté au cinéma en 1971 par le cinéaste Masahiro Shinoda. Au départ, Scorsese ne se sent pas prêt pour l’adaptation du roman, mais au fil des années le projet mûri, le regard du cinéaste sur le roman change et après bien des déboires, principalement financiers, le projet fini par se concrétiser enfin.

L’histoire est celle de deux prêtres missionnaires jésuites partant à la recherche de leur ancien mentor, le Père Ferreira (Liam Neeson), toujours au Japon où la rumeur dit qu’il aurait renié Dieu et toutes ses croyances pour adopter le mode de vie japonais. Le Père Rodrigues (Andrew Garfield) et le Père Garupe (Adam Driver) restant persuadé que ces rumeurs ne sont que mensonges, ils se lancent alors dans un long et périlleux périple au cœur du Japon, dans une période trouble ou le moindre signe de catholicisme est sévèrement punis.

Silence est certainement l’œuvre la plus personnelle de Martin Scorsese, lui qui faillit devenir prêtre. Derrière la magnifique démonstration esthétique de son film ou chaque plan semble « respirer », Scorsese nous livre un film remarquable sous bien des aspects. Au-delà de nombreuses séquences de tortures et autres persécutions religieuses, Silence est avant tout une quête spirituelle. Le film aborde un sujet assez compliqué et loin d’être accessible à tous les spectateurs. Centré essentiellement sur le périple intérieur du Père Rodrigues (interprété par un Andrew Garfield impressionnant et complètement habité par son personnage), où les tourments de son âme et ses propres croyances seront confrontées à l’horreur bien réelle de la persécution. La foi du Père Rodrigues et celle de ses acolytes sera mise à rude épreuve durant la plus grande partie du long-métrage, ce qui créera parfois une sensation de mal être lors du visionnage de certaines scènes. Aussi proche que possible de ses personnages, Scorsese nous imprègne avec aisance de l’atmosphère lourde et pesante de son récit, ce qui nous permet encore plus de vivre avec intensité chaque épreuve, autant physique que spirituelle vécue par les différents protagonistes du film. Silence aborde également de nombreux questionnements sur la foi. Qu’est-ce que croire ou ne pas croire ? Le piétinement d’une icône religieuse, est-il réellement un blasphème et constitue-t-il un véritable renoncement à ses propres croyances ? Doit-on renier notre foi afin d’éviter la souffrance d’autrui ? Notre humanité n’est-elle pas au-dessus de toutes les religions ? La foi n’est-elle pas avant une quête intérieure ? Toutes ces questions existentielles voir métaphysiques sont abordées avec beaucoup d’intelligence et de pertinence par le long-métrage. Scorsese nous rappel également l’importance de la spiritualité dans la vie de chacun, qu’elle soit religieuse ou non. L’humilité qui se dégage de ce discours en devient extrêmement touchant.

Ici, point d’hyperactivité à la sauce Loup de Wall Street et encore moins de grandiloquence genre Gangs of New-York. Toute la mise en scène de Silence est d’une sobriété exemplaire et seul le soin apporté à chaque élément du film nous rappelle la présence de Scorsese derrière la caméra. Cette sobriété presque religieuse nous oblige à rester attentifs à toute la gravité de l’histoire. La superbe photographie de Rodrigo Prieto, le soin apporté aux différents décors et l’excellente direction d’acteurs nous rappellent sans cesse la qualité purement cinématographique du long-métrage.

Au final, Silence est un excellent film et un magnifique appel à la tolérance et aux respects des croyances de chacun. Cette réflexion vertigineuse sur les croyances religieuses ou simplement spirituelles, et sur la transcendance de l’âme humaine est portée avec brio Andrew Garfield et Adam Driver.

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