Daphné : On a interviewé Emily Beecham

C’est à l’occasion de la sortie du très joli film Daphné, que nous avons eu la chance d’interviewer l’actrice principale de ce dernier, la jeune et talentueuse Emily Beecham.

Z : Vous êtes allé à l’école de Musique et d’Art dramatique de Londres quand vous aviez 18 ans. Avez-vous toujours voulu être actrice ou y a-t-il eu d’autres choses avant ?

EB : J’ai failli aller dans une école de beaux-arts, car mes profs m’ont encouragé à faire ceci. Je suis arrivée à Londres où il y avait une forte compétition et finalement… Me voilà dans une autre école.

Z : Dans Ave, Cesar! Vous avez travaillé avec Ralph Fiennes et Alden Ehrenreich. Un petit mot sur cette expérience ? 

EB : Travailler avec les frères Coen… C’était une très bonne expérience. Ils travaillent avec les mêmes acteurs, la même équipe technique, les mêmes responsables du maquillage, de la coiffure etc. On se sent dans une bulle, en famille, si bien que le tout offre une sensation très détendue. Ils sont également très ouverts à l’improvisation et sur le concept du « faites ce que vous pensez être bon pour la scène ». Et oui Ralph et Alden sont des gens très modestes, ouverts à l’écoute et des personnes très naturelles. Le résultat est que c’était très facile de travailler avec eux. On a eu une scène très amusante et c’était très agréable de faire ceci avec eux.

Z : Avez-vous encore l’intention de tourner dans des séries télé ou était-ce juste un tremplin pour vous lancer dans le cinéma ?

EB : Je pense que cela dépend toujours de la qualité d’écriture, de qui est derrière le projet d’autant que chaque film ou chaque série est différent. Il y a de très bons producteurs dans les deux mondes et si je pense qu’un projet est bon, alors je fonce. Oui je n’ai pas particulièrement de préférence et je vais simplement où l’écriture est bonne, où les gens liés au projet sont bons. Je pense qu’aujourd’hui la télévision est devenue très variée et très haute sur l’échelle de la qualité et ce depuis quelques années. 

Z : Comment appréhendez-vous un personnage si réel que Daphne ? Avez-vous l’impression de jouer, de rester naturelle ou de devoir forcer l’aspect « proche du réel » ?

EB : Peter Mackie Burns (Le réalisateur) et moi-même avons essayé d’être le plus proche de ce que peut être la réalité même si évidemment il y avait des consignes sur les différentes scènes, avec ce que l’on souhaitait montrer et ce du moment où cela semblait naturel et plausible, car partie intégrante de l’expérience souhaitée avec le film. C’était très important d’être authentique et c’est pour cela que les décors entre autres sentent l’authenticité, que la manière de filmer sente l’authenticité également afin de coller parfaitement avec le thème et ma façon de jouer. Je me suis réellement investie dans ce processus. Il n’y a qu’être saule que je n’ai pas été (rire). Oui les gens peuvent s’identifier à cette histoire.

Z : Avez-vous rencontré ou avez-vous des gens dans votre entourage vous rappellent Daphne ? Que pensez-vous de sa manière de vivre ?

EB : Daphne est en partie inspirée par une amie de Peter Mackie Burns. Une amie maintenant décédée. Il a été inspiré par son histoire tout en ayant ajouté un peu de fiction à celle-ci. Daphne est une personne menant une vie assez nomade, sans réelle attache, ce qui correspond, selon moi, a la vie menée par de nombreuses personnes de son âge aujourd’hui vivant dans une grande ville. Personnellement je peux me sentir proche d’elle, car en tant qu’actrice, on ne sait jamais de quoi est fait notre futur, du « que va-t-il arriver ensuite »… Parfois, on peut avoir ce sentiment d’être une méduse flottant au-dessus de la vie et que son style de vie est très proche de celui de beaucoup de jeunes. De plus de nombreuses personnes voient en Daphne, une soeur, une amie ou eux-mêmes finalement. Lors de sessions Q&A réalisées dans le cadre de la promo, j’ai eu des grands-parents par exemple venus me dire qu’ils voyaient en Daphne, leurs petits enfants et que cela leur faisait peur. Je me contentais de dire qu’en réalité, c’était une personne vulnérable… Il faut l’écouter !

Z : Aujourd’hui on a ce sentiment que c’est du Super-Héros et du blockbuster partout, est-ce plus compliqué de trouver de petits films tels que Daphne et de se retrouver face à de grands studios ?

EB : C’est difficile à dire, parce qu’en ce moment je lis beaucoup de scénarios centrés sur des personnages féminins forts et intéressants. Je ne sais pas si des films comme Daphne ont ouverts des portes ou si c’est le résultat du mouvement féministe actuel qui veut ça ou encore le fait que des films avec des femmes en vedettes attirent les spectateurs… En tout cas cela évolue et de nombreux projets parlent de femmes fragiles, imparfaite, drôles, intelligentes ou avec une opinion aussi. Je pense que cela fait longtemps que les hommes et les femmes avaient envie de voir des films avec des femmes sur le même pied d’égalité. De voir des femmes crédibles et moins générique. Jusqu’ici, certains rôles manquaient de réalisme et étaient finalement peu intéressants.  Mais oui il y a beaucoup de films de super héros en ce moment, mais que la compétition entre eux apportent une meilleure écriture si bien que les femmes sont composées de plusieurs couches, avec un fond, à l’image de Daphne. Cela se ressent dans le fait de proposer comme Daphne, des femmes plus rustres, moins glamour qu’avant, portant moins de maquillages, avec un look un peu bordélique aussi. Au début, pour parler de Daphne, je sais qu’il y a eu débat autour du fait qu’elle soit un peu négligée et peu glamour… Mais c’était voulu et c’est aussi ce que les gens recherchent au cinéma : des femmes authentiques. Evidemment j’espère que les grands studios vont continuer ainsi et aller plus encore vers des femmes plus intéressantes et moins potiche…

Z :  Votre premier film remonte à 10 ans maintenant. Quel est votre regard sur votre carrière, l’industrie du cinéma et sa manière d’évoluer depuis ces années ?

EB : Personnellement, je ne sais pas si je suis la bonne personne pour apporter un commentaire sur ceci. Mon premier film n’a pas eu de sortie en salle et c’est évidemment  une expérience toute différente. J’ai réellement ce sentiment de faire partie de l’industrie du cinéma depuis deux ou trois ans à peine. Je n’ai pas tourné pendant de nombreuses années aussi. Mais aujourd’hui je reçois des scénarios très intéressant ce qui est très gratifiant. Je regarde aussi beaucoup de films indépendants et c’est très enrichissant de voir ce genre de cinéma et de recevoir des scénarios allant dans ce sens. C’est également difficile pour moi de parler de ceci, car je suis différente aujourd’hui que je ne pouvais l’être à mes 20 ans. On  n’a pas le même regard en grandissant.

Z : De nombreuses personnes semblent dire que le cinéma est réservé aux BlockBusters aujourd’hui et que les petits films ont leurs places sur Netflix ou la VOD. Qu’en pensez-vous ?

EB : En fait, certains blockbusters peuvent suivre une même formule au point d’en prédire la finalité, mais de plus en plus l’écriture devient originale, ce qui est un plus. Concernant les films, je ne pense pas qu’il faille les réserver à la case VOD, surtout s’ils sont bien écrits. Je vais régulièrement voir des films indépendants au cinéma et j’aime beaucoup cette expérience. Pour moi, gros ou petit film, s’il est bien écrit, à sa place sur les grands écrans.

Z : Y-a-til un genre de films que vous aimeriez faire. Horreur, comédie romantique, film d’action… ?

EB : Oui, il y a beaucoup de choses à explorer. J’aie le cinéma d’horreur dans la veine de The witch, Shining… J’aime les films avec une atmosphère plus que l’horreur pure. Ainsi j’ai adoré Mister Babadook qui était, selon moi, un excellent film d’horreur. Une comédie romantique, pourquoi pas. J’ai aimé Call me by your name récemment et l’idée d’explorer une relation aussi intelligemment m’intéresse. Pour ce qui est de l’action, cela m’amuserait de suivre un entraînement pour un rôle. Mais je suis encore très jeune donc j’ai le temps d’explorer des choses.

Z : Le Royaume-uni et Londres constituent un endroit super pour la scène musicale, quelques recommandations ?

EB : Je ne pense pas recommander des clubs ou boites de nuit sur Londres. Il y en a, mais moins qu’à Berlin par exemple où la scène musicale est plus riche et plus intense. Là-bas il y a réellement quelque chose. Je ne suis pas une grande Clubbeuse non plus, mais je pourrai parler par exemple du Roundhouse qui est un endroit sympa avec de nombreux concerts en Live.

Z : Vos prochains projets ? 

EB : Je prépare actuellement un film pour Julian Jarrold,  le réalisateur de Kinky Boots. Le film n’a pas encore de titre, car ce dernier évolue et change actuellement. C’est mon prochain grand projet qui est en place maintenant. Ensuite je sors de 8 mois de tournage pour une série de téléfilms destinés à la télévision et donc j’ai bien envie d’un peu de vacances, de m’allonger au soleil et dormir un peu avant de reprendre là…

 

Z : Merci pour ce temps consacré à nous.

EB : Avec plaisir, au revoir.

Notre critique du film est disponible ci-dessous

Daphne : critique du film

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